Aller au contenu
Le Préau · magazine indépendant pour les parents d'élèves Qui sommes-nous · Nous écrire
Écrans & Internet

Le Permis Internet en CM2 : ce que votre enfant apprend vraiment

Le programme officiel, les dix situations du test, et la conversation à avoir le soir même.

Mis à jour le 17/08/2026

Le Permis Internet en CM2 : ce que votre enfant apprend vraiment

Le Permis Internet en CM2 apprend surtout des réflexes simples : protéger ses données, refuser un contact douteux, demander de l'aide et ne pas cliquer seul. Utile pour ouvrir la discussion, il ne vaut ni diplôme ni garantie, et doit être prolongé à la maison dès le premier appareil.

À retenir

  • Le permis internet n'est pas un diplôme : servez-vous de la séance pour installer une phrase réflexe, par exemple « je te montre avant de répondre ».
  • Sur le premier appareil, activez d'abord la validation parentale pour les achats et les téléchargements : c'est le réglage le plus rentable.
  • Un inconnu en ligne reste un inconnu, même s'il connaît le prénom de votre enfant, son jeu préféré ou ses copains.
  • Pour la fiche d'examen ou un PDF à jour, cherchez les supports sur permisinternet.fr, pas via un corrigé partagé.

Permis internet CM2 : de quoi parle-t-on ?

Le Permis Internet est une opération de prévention menée dans des classes de CM2 par la Gendarmerie nationale, avec AXA Prévention, depuis 2013. L'idée est simple : transposer au numérique l'esprit du code de la route, en apprenant à reconnaître une situation risquée et à adopter le bon réflexe avant qu'un enfant ne navigue plus seul.

Ce dispositif ne correspond ni à un examen scolaire national, ni à une certification officielle ouvrant un droit particulier. Recevoir le permis ne prouve pas qu'un enfant saura tout gérer seul sur un téléphone, une console ou une messagerie. En revanche, il met des mots très concrets sur les dangers d'internet en CM2 : ce qu'on montre, ce qu'on dit, ce qu'on accepte, et à qui on demande de l'aide.

Pour beaucoup de parents, son intérêt principal est là : il donne enfin un vocabulaire commun entre l'enfant, la classe et la maison. Après la séance, on peut parler de mot de passe, d'inconnu en ligne, d'image gênante ou d'achat caché sans partir de zéro.

Qui intervient, et comment la séance se déroule

Le principe est le même partout : une intervention de prévention dans la classe, appuyée sur un support pédagogique appelé passeport, puis un test final sous forme de mises en situation. Selon les territoires, la séance peut être animée avec la participation d'un gendarme, préparée avec l'enseignant, ou intégrée à un travail plus large sur le numérique.

Le détail pratique varie selon la disponibilité de la brigade, l'organisation de la classe et parfois les choix de la commune. Le calendrier, la forme de remise du permis et la place laissée aux questions ne sont donc pas exactement les mêmes partout. Pour savoir si la classe de votre enfant participe et quand, l'information vient en pratique du cahier de liaison, de l'enseignant ou, parfois, de la commune.

Le déroulé type

  • Présentation des règles de prudence sur internet avec des exemples proches du quotidien d'un enfant de 10 ou 11 ans.
  • Lecture ou discussion de situations concrètes : message d'un inconnu, photo partagée, mot de passe demandé, publicité attirante, moqueries dans un groupe.
  • Repérage du bon réflexe : ne pas répondre seul, ne pas donner une information personnelle, montrer à un adulte, bloquer, signaler, garder une preuve.
  • Test final à partir de plusieurs situations à interpréter, avec une logique de prévention plus que de performance scolaire.

Le moment important, pour un parent, n'est pas seulement le test. C'est ce que l'enfant comprend derrière chaque règle : sur internet, on peut être mis en confiance très vite, et c'est justement pour cela qu'il faut des automatismes simples.

Ce que contient le passeport, et ce qu'il ne contient pas

Le passeport du Permis Internet sert de fil conducteur. On y trouve des scènes proches du quotidien numérique des enfants, des questions, des rappels de prudence et des formulations faciles à retenir. Le ton est volontairement accessible : on parle d'amis en ligne, de mots de passe, d'images, de jeux, de messages, de publicités.

Ce support n'est pas un manuel technique. Il n'apprend pas à régler un smartphone pas à pas, à configurer une console dans chaque menu, ou à comprendre toutes les formes d'arnaque qui existent déjà chez les adolescents. Il vise surtout des réflexes de base : demander avant de cliquer, ne pas divulguer, ne pas suivre un inconnu, ne pas rester seul avec un problème.

Si vous cherchez le support officiel, la fiche d'examen du permis internet CM2 ou un PDF à jour, allez directement sur permisinternet.fr. C'est le bon point d'entrée pour les documents du dispositif quand ils sont mis à disposition. Vous ne trouverez pas ici de corrigé d'une fiche d'examen précise, parce que l'enjeu n'est pas de bachoter des réponses, mais d'installer des réflexes réutilisables à la maison.

Les dix situations du test : ce que votre enfant doit savoir repérer

Le test final repose sur dix mises en situation. Les formulations exactes et les supports peuvent évoluer, mais on retrouve les mêmes grands pièges. Voici les dix familles de situations qu'un enfant de CM2 doit savoir reconnaître, sans transformer l'examen en corrigé tout prêt.

Situation typiqueLe bon réflexe attendu
On lui demande son nom complet, son adresse, son numéro ou des infos sur sa vieNe pas donner d'information personnelle sans l'accord d'un adulte
Un camarade, un jeu ou un site demande son mot de passeGarder son mot de passe secret et demander de l'aide si l'accès semble bloqué
Quelqu'un qu'il ne connaît pas engage la conversation en ligneNe pas répondre seul, ne pas se confier, montrer le message à un adulte
Un contact propose une rencontre, un appel privé ou un échange hors du jeuRefuser et prévenir immédiatement un parent
Une photo ou une vidéo amusante mais gênante circuleNe pas partager, demander l'autorisation, protéger l'image des autres et la sienne
Des moqueries, insultes ou exclusions apparaissent dans un groupeNe pas relayer, conserver une preuve et demander l'aide d'un adulte
Un bouton promet un cadeau, des vies gratuites ou un achat très tentantNe rien acheter ni valider seul, vérifier avec un adulte avant tout clic
Une publicité ressemble à un jeu, à un concours ou à une récompenseRepérer qu'il s'agit d'une pub et éviter de donner des données personnelles
Le jeu, la vidéo ou le réseau prend toute la place et fait oublier l'heureSavoir s'arrêter, faire une pause et respecter les règles fixées à la maison
Un lien, un téléchargement ou une application semble pratique ou drôleNe pas installer seul et passer par un adulte pour vérifier

Le fil rouge est toujours le même : internet n'est pas dangereux parce qu'il est numérique, mais parce qu'il mélange très vite jeu, intimité, argent, réputation et inconnus. Un enfant qui a compris cela a déjà fait un grand pas.

Les thèmes qui reviennent le plus

  • Données personnelles : prénom, photo, adresse, école, habitudes, localisation.
  • Mots de passe : ils ne se prêtent pas, même à un ami.
  • Inconnus en ligne : un profil sympathique reste un inconnu tant qu'un adulte n'a pas vérifié.
  • Images et vidéos : ce qui fait rire sur le moment peut blesser longtemps.
  • Harcèlement : ne pas participer, même "pour rire", et alerter vite.
  • Achats et publicités : le gratuit attire, mais peut coûter cher ou collecter des données.
  • Temps d'écran : savoir s'arrêter fait partie de la sécurité, pas seulement du confort.

Ce que votre enfant retient vraiment après la séance

Le meilleur effet du Permis Internet, c'est qu'il simplifie. À cet âge, un enfant n'a pas besoin d'un grand discours sur les modèles économiques des plateformes pour se protéger mieux. Il a besoin de quelques réflexes clairs, répétables et faciles à dire à voix haute.

Des réflexes simples, mais solides

  • Je m'arrête quand quelque chose me met mal à l'aise, me presse ou me flatte trop.
  • Je n'envoie pas une photo, une info ou un message sous le coup du jeu ou de la pression.
  • Je montre à un adulte avant d'agir si je ne suis pas sûr.
  • Je garde une preuve si quelqu'un me harcèle ou m'intimide.

Ce n'est pas spectaculaire, mais c'est très utile. Un enfant qui sait dire "je te montre avant de répondre" est souvent mieux protégé qu'un enfant à qui l'on a seulement dit "fais attention sur internet". La séance l'aide aussi à comprendre que la politesse ne s'impose pas face à un danger : on n'est pas obligé de répondre à tout le monde.

Autre bénéfice discret : le dispositif déculpabilise. Il montre qu'on peut se tromper, cliquer trop vite, croire une fausse promesse ou rire d'une image sans mesurer sa portée. Le bon réflexe n'est pas d'être parfait, c'est de demander de l'aide tôt.

Ce qu'il ne retient pas, ou pas assez

Il vaut mieux être clair : le Permis Internet n'est ni un diplôme, ni un vaccin contre les problèmes numériques. Un enfant peut très bien répondre juste pendant la séance et se retrouver débordé plus tard dans une vraie conversation de groupe, un jeu multijoueur ou une messagerie familiale laissée ouverte.

Le dispositif ne règle pas tout ce qui compte dans la vie numérique d'un enfant. Il n'apprend pas à gérer la pression du groupe quand toute la classe rejoint une boucle de messages. Il n'explique pas dans le détail les paramètres d'un téléphone, les achats intégrés d'une console, la recommandation automatique des vidéos ou la logique des comptes partagés entre frères et sœurs.

Il ne remplace pas non plus l'entraînement à la maison. Entre comprendre qu'un mot de passe est secret et accepter de ne pas le donner à son meilleur ami, il y a un monde. Entre savoir qu'une image peut blesser et résister à l'envie de la partager pour faire rire le groupe, il y a encore autre chose : la pratique, les règles familiales et la répétition.

Autrement dit, la séance pose les bases. La maison transforme ces bases en habitudes.

Les trois questions à poser le soir même

Le bon moment, c'est le soir de la séance, quand les exemples sont encore frais. Inutile d'interroger votre enfant comme s'il révisait. L'objectif est d'ouvrir une discussion précise, courte et réutilisable.

  1. Quelle situation t'a paru la plus piégeuse ?

    Cette question vous dit où votre enfant se sent fragile. Si la réponse porte sur un inconnu en ligne, une publicité, une photo ou un mot de passe, vous savez tout de suite quel terrain reprendre ensemble.

  2. Si ça t'arrivait sur ton appareil, qu'est-ce que tu ferais d'abord ?

    Attendez une action concrète : fermer, ne pas répondre, faire une capture, venir vous voir. Si votre enfant répond seulement "je ferais attention", il faut retraduire en gestes.

  3. Qu'est-ce qu'on doit régler ensemble maintenant ?

    C'est la question qui transforme la prévention en pratique. Elle mène naturellement aux achats, aux contacts autorisés, au temps d'écran, au profil privé et aux mots de passe.

Vous pouvez aussi fixer une phrase simple, utilisable sans gêne, du type : "Je te montre avant de répondre". Quand elle devient automatique, elle protège beaucoup.

Premier appareil : ce qu'il faut paramétrer tout de suite

Le premier appareil, téléphone, tablette, console portable ou ordinateur familial, mérite une installation de parent, pas une installation à la va-vite. Les menus changent selon les marques et les systèmes, mais les réglages importants sont toujours les mêmes.

  • Créer ou vérifier le compte principal : idéalement, l'appareil ne démarre pas avec un compte bricolé entre enfants.
  • Activer la validation parentale pour les achats et téléchargements : c'est le réglage qui évite le plus de mauvaises surprises.
  • Vérifier la visibilité du profil : public ou privé, photo affichée, pseudonyme, informations visibles.
  • Limiter les contacts : l'enfant ne devrait pas pouvoir ajouter n'importe qui sans règle claire.
  • Régler le temps d'écran : plages horaires, pauses, extinction du soir, durée des applications.
  • Mettre à jour l'appareil : un appareil ancien ou non mis à jour se protège moins bien.
  • Décider où se fait la nuit numérique : dans la chambre ou hors de la chambre, la règle change beaucoup les usages.

Un point compte plus que les autres : les achats intégrés et les installations d'applications. Beaucoup d'ennuis arrivent là, bien avant les grands dangers médiatisés. Un enfant peut cliquer pour aller plus vite, pour faire comme les autres, ou parce qu'une publicité ressemble à une récompense normale du jeu.

Ce qui relève de l'école, et ce qui reste à la maison

À l'écoleÀ la maison
Apprendre les grands repères de prudence et les mots pour parler d'un problèmeRégler l'appareil, les comptes, les achats, les contacts et les horaires
Travailler des situations collectives, y compris le respect entre élèvesVérifier les usages réels : jeux, groupes de discussion, vidéos, applications
Repérer un incident qui touche la vie de classeDécider de ce qui est autorisé, accompagné ou interdit sur le premier appareil

Cette frontière est utile : l'école apprend des repères communs, la maison décide des usages concrets. Quand un parent attend de la séance qu'elle fasse aussi le travail de paramétrage, il manque la moitié du sujet.

Une erreur fréquente : attendre le premier problème pour parler

Beaucoup de familles abordent internet après une embrouille, une vidéo choquante, un achat surprise ou une dispute dans un groupe. C'est tard. Le Permis Internet est justement utile parce qu'il permet de parler avant l'incident, quand l'enfant n'a pas encore besoin de se justifier.

Le plus efficace n'est pas de multiplier les interdictions générales. C'est de préparer un scénario d'aide. Qui prévenir en premier ? Peut-on quitter un groupe sans demander ? A-t-on le droit de ne pas répondre ? Faut-il faire une capture d'écran ? Où pose-t-on l'appareil le soir ?

Si ces réponses existent avant le premier pépin, l'enfant perd moins de temps à hésiter. Et en matière de harcèlement, d'image partagée ou d'achat involontaire, quelques minutes peuvent déjà tout changer.

Vous cherchez la fiche d'examen permis internet CM2 ou le PDF ?

La recherche est fréquente, surtout quand la séance approche. Pour les supports du dispositif, les documents de référence et les PDF éventuellement mis à disposition, le bon réflexe est d'aller sur permisinternet.fr. Évitez de vous fier à un fichier récupéré sur un forum, un cloud partagé ou un ancien blog : une version datée ou incomplète peut brouiller les messages.

Le vrai enjeu n'est pas d'obtenir une fiche d'examen du permis internet CM2 pour s'entraîner à réciter. C'est d'identifier avec votre enfant les deux ou trois situations qui ressemblent déjà à sa vie numérique réelle : un jeu avec tchat, une boucle de messages, une chaîne vidéo, une application avec publicité. C'est là que le Permis Internet devient utile, pas quand il reste rangé dans le cartable.

Sources officielles

  • Gendarmerie nationale : informations institutionnelles sur les missions de prévention et l'action auprès du public.
  • Ministère de l'Éducation nationale : cadre général sur la protection des élèves et l'éducation au numérique.
  • Eduscol : ressources pédagogiques sur l'éducation aux médias et à l'information, ainsi que la prévention des risques numériques.
  • CNIL : repères fiables sur les données personnelles, la vie privée en ligne et les usages numériques des enfants.
  • Cybermalveillance.gouv.fr : fiches pratiques sur cyberharcèlement, arnaques, piratage et bons réflexes du quotidien.
La rédaction du Préau Rédaction

Le Préau est écrit par l'équipe éditoriale de la SARL STRATINET, éditrice du site. Nous ne sommes ni enseignants ni porte-parole de l'Éducation nationale : nous lisons les textes officiels, nous les traduisons pour des parents, et nous citons nos sources sur c...

Les questions que se posent les parents

Questions fréquentes

Le permis internet est-il obligatoire en CM2 ?

Non, ce n'est pas une évaluation nationale obligatoire comme un contrôle commun à toutes les classes. C'est une opération de prévention proposée dans des classes de CM2, avec un déploiement qui dépend aussi de l'organisation locale.

Mon enfant a « raté » le test, qu'est-ce que ça change ?

En pratique, cela ne ferme aucun droit et n'a pas de conséquence scolaire comparable à une note d'examen officiel. Le point utile est d'identifier la ou les situations qui lui ont posé problème pour les retravailler à la maison, surtout si un premier appareil arrive bientôt.

Où trouver la fiche d'examen permis internet CM2 en PDF ?

Pour les supports du dispositif et les documents éventuellement proposés au téléchargement, le bon point d'entrée est permisinternet.fr. Mieux vaut éviter les copies qui circulent ailleurs : une version ancienne ou tronquée peut ne plus correspondre à la séance reçue en classe.

Le permis internet parle-t-il vraiment du cyberharcèlement ?

Oui, à travers des situations de moqueries, d'images partagées, d'exclusion d'un groupe ou de messages agressifs. L'enfant y apprend surtout trois réflexes : ne pas participer, garder une preuve et demander de l'aide rapidement.

À quel moment faut-il régler le premier appareil ?

Avant la remise en main, pas après. Les achats, les téléchargements, la visibilité du profil, les contacts autorisés et les horaires d'usage doivent être décidés dès le départ, quand l'enfant n'a pas encore pris ses habitudes.

Aller plus loin

Les articles qui complètent cette page